Pierre Blanche, face Est

Un bel anticyclone s’est installé sur les Alpes, et les températures sont tellement douces que l’enneigement vient à manquer pour un début Mars. Il faut donc être malin, et viser les itinéraires adaptés à ces conditions particulières.

Notre idée ce matin est de monter sur la crête Est du Vercors par la face Est de Pierre Blanche, satellite du Grand Veymont qui présente un passage raide et souvent barré d’une corniche donnant accès la crête puis au sommet.

Cette face se descend aussi à skis, mais il n’en est pas vraiment question aujourd’hui au vu des conditions d’enneigement.

L’accès à la face est rapide, via un ravin encore enneigé et idéalement placé pour un accès direct.

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Nous entrons ensuite dans le cirque suspendu par un petit couloir orienté Sud, qui a déjà déneigé sur une petite portion.

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Ensuite c’est tout droit, dans la pente qui se redresse fortement au tiers supérieur de la face.

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La corniche ne présente pas de difficultés, et nous voici sur la crête, en plein vent froid, après avoir tant transpiré au soleil en Est.

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Par une traversée vers le Pas de la Posterle, nous laissons nos yeux se promener sur les Hauts-Plateaux.

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La fermeture des remontées mécaniques nous permet le ski sur ce Pas, habituellement fermé par arrêté municipal en période de ski. Aujourd’hui, aucun risque de déclencher une coulée sur les pistes en contrebas, par ailleurs désertes…

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Ski à la voiture, à 1230m.

Belle Etoile

Ski de printemps avec Eric sur les versants Sud et Est du massif de Belledonne, pour profiter de la neige transformée. Il y a encore pas mal de relief et on est loin des billards habituels du mois de Mars/Avril, mais c’est la température qui est trompeuse : on est encore en Février.

Par le Rivier, nous remontons la combe de la Belle Etoile en papotant tranquille : la neige est jaunie par les épisodes de sables que nous avons eu récemment, et l’atmosphère est encore un peu laiteuse.

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Direction le Col de la Vache, au fond dans l’ombre.

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Sa traversée nous fait repasser au soleil.

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Avec le Pic des Cabottes en arrière-plan, nous remontons vers la crête des Ilettes.

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Puis vers la Belle Etoile.

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Descente du Couloir Sud pas historique, et une neige un peu meilleure et mieux ramollie en dessous, permettant de bonnes vitesses.

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Le Grand Morétan

Un grand sommet du coin, sur lequel nous ne nous étions encore pas tenus, aucun d’entre nous ! Et c’est donc une équipe de 5 qui se constitue au départ des Roches dans la vallée des Villards ce vendredi ensoleillé. Patrick et son fils Bastien, Olivier, Yoann et moi.

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La remontée du vallon est un peu longuette et il fait déjà chaud en versant Est : le soleil est déjà bien là, ce qui est de bon augure pour la suite et la transformation de la neige.

Vers 2500m, j’utilise mon avance pour faire un détour au Col du Gleysin, avant de revenir au fond de la combe pour récupérer le groupe et gravir les grandes pentes sous le sommet.

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Descente très lisse au début au Sud du sommet, assez raide et rapide. La suite est plus tourmentée par les coulées récentes, mais en bonne neige transformée jusqu’en bas.

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Lances de Malissard

La sortie absolue, avec une belle équipe, du soleil, une neige incroyable et des paysages époustouflants.

Ca commence par la montée dans le cirque de l’Aup du Seuil, toujours une régal pour les yeux. Quand en plus le soleil fait scintiller la neige fraîche…

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Une fois sur le synclinal, nous prenons vers le Nord pour goûter à la descente canadienne promise par Patrick. Et bingo, nous faisons les premières traces dans une neige de folie au milieu des pins et sapins.

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La descente est assez courte, et au fond du thalweg nous repartons vers le Sud. Le ski s’apparente plutôt à du ski de rando nordique sur cette section. Mais quel plaisir pour les yeux…

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Papotant de tout et de rien, nous voici arrivés au pied de la pente Est des Lances de Malissard, après avoir traversé les blocs du Chaos de Bellefond.

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Et nous passons en mode descente, pour skier cette pente à l’abri de l’éperon qui raye la face. Quelle neige, mes aïeux. IMG_4945

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Et c’est reparti pour le Sud, direction le Pas de Ragris pour redescendre dans la mer de nuages.

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A l’entrée du Pas, nous sommes les premiers !

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Assez vite, le couloir présente un ressaut rocheux qui aurait nécessité un petit rappel. Mais n’ayant pas la corde, on louvoiera vers la branche de gauche, moyennant un peu de ski acrobatique.

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Ensuite c’est plus tranquille, et on retrouve un peu de belle neige.

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Et ça se poursuivra jusqu’au parking à travers une hêtraie parfaite.

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Chronique musique: Ham Hock Blues - Lionel Hampton (1974)

Une fois n’est pas coutume (mais peut-être que ça le deviendra ?), je vais vous faire une chronique musicale. Pas de photos de montagne, ni d’action ici, il n’y aura que du texte et un lien qui vous permettra d’écouter le titre en question, j’espère avec attention. De préférence, ce titre devrait s’écouter au casque ou sur un système audio de bonne qualité pour en percevoir toutes les subtilités et la richesse.

Le morceau du jour s’appelle Ham Hock Blues. Composé par Lionel Hampton et enregistré en 1974, il a été remasterisé en 2005 et republié chez LRC Ltd.

Lionel Hampton est un batteur, pianiste et vibraphoniste de génie. Le vibraphone lui permet d’exprimer son sens de la rythmique et de la percussion avec le son doux et subtil du vibraphone. Et lorsqu’il prend la parole pour un solo, son harmonie est excellente et ses solos mémorables. Né en 1908 et décédé en 2002, il a joué avec les plus grands du jazz US, dont Luis Armstrong, Duke Ellington, Count Basie, Dizzy Gillespie ou Chick Corea. Ses participations au quartet de Bennie Goodman sont entrées dans la légende, et un club de jazz de Paris portait même son nom (le Jazz Club Étoile, anciennement Jazz Club Lionel Hampton, club de jazz situé dans l'enceinte de l'hôtel Méridien Étoile, dans le 17e arrondissement).

Le morceau

Lionel Hampton signe ici avec le Ham Hock Blues une de ses plus belles compositions à mon avis : un blues pur et dur de 12 mesures à 120bpm, en Do mineur sur une progression d’accord i-iv-i-VI-V7-i : 4 mesures de Do mineur, 2 mesures de Fa mineur puis 2 mesures de Do mineur, et une dernière ligne de La bémol / Sol dominant pour repartir sur 2 mesures de Do mineur, avant de repartir en boucle : une harmonie caractéristique du mode Aeolien, le mode mineur naturel très utilisé dans le blues.

La mélodie se caractérise par une ligne de basse – un walking bass répétitive de type ostinato, portée par la contrebasse.

La section rythmique

Dans notre enregistrement, c’est George Duvivier qui assure la basse. Ce contrebassiste américain mort en 1985 qui a joué avec les plus grands mène le tempo sans défauts et donne un groove indéniable à la section rythmique.

Le grand Buddy Rich, un des plus grands batteurs de l’histoire, mène l’ensemble de la formation avec un swing parfait sur ses cymbales de ride, tout en relaçant quand il faut avec un coup de caisse claire. Ses breaks sont hallucinants de constance, malgré les syncopes et les afterbeats : il dynamise les solos, les accompagne et les soutient avec la régularité d’un métronome.

A la croisée de chemins entre la rythmique et la mélodique, Lionel Hampton signe de superbes parties dans ce morceau. Le vibraphone exprime tout son potentiel dans toute sa tessiture : des envolées rapides dans l’aigu, jusqu’aux mediums et basses profondes qui résonnent. C’est lui qui attaque le morceau, après une exposition de la ligne de basse au piano / contrebasse.

La section mélodique

Au piano, on trouve Teddy Wilson : encore un ancien de Benny Goodman, le vrai inventeur du swing! Son jeu rapide et précis assure parfois la walking bass du morceau, mais trouve aussi toute sa place lors de ses solos. Il prend d’abord son temps, puis démarre, et son jeu de main droite s’envole, accompagné des breaks de Buddy Rich qui ponctue parfois les phrases d’un coup de charleston, et parfaitement soutenu par la basse.

Au saxophone ténor, Zoot Sims. Partenaire de Al Cohn ou Stan Getz dans les Four Brothers, il reprend ici son jeu typique, profond et dynamique avec de forts contrastes : d’abord pianissimo avec un son moelleux velouté (on retrouve un peu le son de Stan Getz!), puis soudain plus forte en appuyant sur le côté cuivré.

Vous l’aurez compris, cet enregistrement c’est un peu le All-Star-Game. Chacun exprime tout son talent, dans une écoute totale entre les musiciens. Et sur les 9 minutes 30 que dure le morceau, vous aurez tout le temps d’en profiter comme il faut. Je vous mets ici le lien vers YouTube, mais si vous avez accès à un service de streaming en ligne en haute qualité, c’est préférable.

Bonne écoute !

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