Déconfinement

Ayant retrouvé la liberté depuis le 11 Mai, nous sommes instantanément passés à la dernière phase du déconfinement (celle qui consiste à vivre comme avant!), avec de belles sorties en vélo, plusieurs week-ends de montagne et quelques belles randos.

Cette période de privation des libertés fondamentales (dont celle d’aller et venir dans l’espace public) est enfin terminée. Etre contraints de rester à la maison a eu de bons côtés – je n’ai jamais autant couru, même dans les saisons les plus intenses, ni autant fait de musique - mais franchement, cette attestation grotesque me sortait par les yeux.

Il y aurait beaucoup à dire sur la gestion de cette crise, les décisions, les orientations stratégiques, le protocole de l’Education Nationale, les préfets, les mairies, les profs… Finalement, nous parents en télétravail, avons clairement eu l’impression d’être les dindons de la farce, à faire l’école, la cantine, le périscolaire en plus de notre boulot dans des conditions déjà dégradées. On a tout fait, tout assumé. Alors quand les mairies nous expliquent qu’elles ne peuvent pas rouvrir les écoles ou les locaux associatifs parce que c’est « trop compliqué », ça passe un peu mal. Le principe de précaution est devenu presque une religion, qui évite d’avoir à penser, à comprendre. Son exact contraire est la connaissance, la science, la compréhension. Mais ça demande un peu plus d’engagement et de moyens que de simplement prendre les décisions à l’aveugle – au cas où.

Heureusement, il a fait beau, on a retrouvé le droit de sortir en toute légalité, et on ne s’est pas privés. Les premiers jours de cette nouvelle phase ont été bien pluvieux, rendant la situation remarquablement ironique, après 2 mois de confinement au soleil. Qu’importe, entre Vercors, Chartreuse et Ecrins, nous avons bien profité.

P1140321

P1140269

IMG_0764

P1140277

P1140348

P1140358

RAS

Rien à Signaler.

La quarantaine se poursuit, enfants à l'école à la maison, télétravail, cantine scolaire, musique, course à pieds locale, whatsappéros. Le soleil est présent depuis 1 bon mois, et les températures sont très largement au-dessus des normales de saison. Mais y'a-t-il encore seulement des normales de saison?

La "deuxième vague" que tout le monde craint et qui nous percutera de plein fouet ne sera pas due à un virus, mais bien celle du changement climatique, et le bilan humain mondial sera d'une toute autre ampleur. Les sols sont déjà en déficit hydrique à mi-avril, et il n'a pas plu depuis plus de 30 jours. La végétation est en avance d'un bon mois.

En attendant cette fin du monde-là, on s'occupe comme on peut à la maison: bivouac dans le jardin, œnologie, musique.

Sans titre

Sans titre

Sans titre

Mon bureau, avec vue sur la partie Nord des Ecrins.

Sans titre

Quarantaine

Les règles se sont précisées / durcies petit à petit lors de la mise en place de ce confinement de la population : d’abord sans restriction autre que l’autorisation à avoir en poche, les déplacements dits « de loisir » doivent finalement être restreints au maximum, et se voient limités à un rayon d’1km autour du domicile.

Mais quand on a le privilège d’habiter au pied de la montagne dans une zone plus ou moins rurale, ce rayon d’1km laisse encore bien des possibilités de sortie – tout en respectant une distanciation sociale maximale. Et le fait est qu’à part des hérons, des écureuils et des chevreuils, je n’ai encore croisé personne sur ces sentiers.

Ce joli belvédère au-dessus de l’Isère est habituellement surtout utilisé par les chasseurs. Ces temps-ci la faune a repris l’espace, et j’y croise souvent des animaux en tout genre.

Sans titre

Sans titre

Les jonquilles sont sorties dans la montagne, et c’est parfait, il n’y a personne pour les cueillir.

Sans titre

Dernier virage, PNC aux portes

Nous avions prévu d’aller faire ce qui allait peut-être s’avérer la dernière sortie de ski de fond de la saison – mais les annonces de fermeture en ont décidé autrement. La station a donc fermé ses portes ce samedi soir. Sans damage et en infraction par rapport à cette nouvelle règle, il n’aurait pas été agréable/raisonnable d’y aller quand même, bien que le ski de fond n’engendre aucune promiscuité liée à l’attente pour les remontées mécaniques (et c’est bien ce qui fait une partie de son attrait).

Direction la montagne quand même, mais à pieds et loin de tout. Nous remontons le vallon de la Nave, petite vallée au bout du massif, dernière extrémité avant que le Vercors ne se jette dans la plaine de l’Isère.

Tout est calme, paisible, serein. La météo nous fait ce pied de nez ultime, comme pour rendre notre confinement à venir encore plus frustrant.

Sans titre

Sans titre



De retour dans la vallée, encore pas rassasiés, nous partons faire un tour de VTT avec Anselme. Beaucoup de plaisir ici encore, aux heures où la lumière commence à décliner, bien qu’il fasse toujours très doux.

Sans titre



Le Rissiou

Cette sortie gardera une saveur particulière pour plusieurs raisons. A l’heure où j’écris ces lignes nous sommes sous quarantaine très stricte pour cause de virus SRAS-Cov-2. Le virus a provoqué une flambée épidémique en Europe, et bien que je suspecte l’avoir contracté en Janvier en Chine, personne ne semble à l’abri d’une contamination pouvant avoir des effets peu agréables. C’est donc coincé entre 4 murs, avec beaucoup de nostalgie (et même atteint d’un spleen tout baudelairien) que je rédige ces lignes et regarde ces photos, la mélancolie d’un temps où nous étions libres d’aller et venir, de choisir notre destination, de simplement profiter de la montagne seul ou entre amis.

Mais c’est aussi justement parce que nous savions que ce confinement allait arriver très vite que cette sortie restera comme « la dernière, avant… ». Déjà, la fermeture des lieux publics était décidée, les établissements scolaires étaient verrouillés, et le télétravail allait s’organiser un peu dans la panique pour le lundi suivant. Nous savions bien sûr que nous étions à la veille de quelque chose, dans une ambiance d’inquiétude généralisée. Et nous en avons donc profité, le plus possible avant que la situation ne dégénère– un peu comme la cigarette du condamné, toutes proportions gardées.

Je ne ferai pas (trop) de politique ou de critique sur la gestion de la crise qui nous occupe actuellement, seulement quelques commentaires, impressions et ressentis. Même s’il me coûte comme à nous tous (et peut-être moins qu'à d'autres, en ville, en appartement), le confinement m’est très vite apparu comme la solution appropriée pour contenir l’épidémie. Puis en creusant un peu sur les stratégies appliquées par certains autres pays et les modèles de propagation des épidémies, mon opinion a changé et le ressentiment contre nos dirigeants a grandi à mesure que le confinement s’est prolongé. Les éléments de langage à propos d’une prétendue « stratégie », finalement dictée plutôt par des problèmes logistiques d’approvisionnement que par de vraies ambitions soutenues scientifiquement, de même que l’amateurisme flagrant dans la gestion de cette crise, me sont désormais devenus insupportables.

L’OMS exhorte les dirigeants à tester, tester et tester tant et plus de manière à ne pas combattre à l’aveugle. Mais malgré tout, une grotesque pénurie de coton-tige de prélèvement et de masques en cellulose nous impose à tous un emprisonnement presque total, méthode tout droit sortie des épisodes de peste du moyen-âge. Mais nous sommes en 2020, et la médecine, la science, la recherche et la technologie, les productions industrielles n’ont jamais été aussi avancées qu’aujourd’hui. Il semble que rien ne soit réellement possible pour stopper cette contagion.

Je suis loin d’être épidémiologiste, mais dans mon domaine de compétence la résolution d’un problème complexe passe obligatoirement par la compréhension, la mesure et la quantification, pour caractériser la réalité des phénomènes physiques. Sans données réelles, on est à l’aveugle et on tape au hasard. Et à l’aveugle, la peur s’empare alors de tous, générant du repli sur soi – au niveau individuel et au niveau des nations. Chacun pour sa peau - à l'image de l'interception de masques à destiantion de l'Italie par la République Tchèque. A l'image aussi de ces gens qui applaudissent à leur fenêtre les soignants, mais leur laissent des petits mots d'injonction d'aller habiter ailleurs, par peur de la contamination.

Sans réelle visibilité sur qui est contaminé et qui ne l’est pas, on ne sait rien, on ne maîtrise rien et on ne peut pas s’organiser. Et tout le monde flippe.

Les données réelles ne sont pas disponibles, personne ne sait. On ne sait pas le nombre de morts réel dû au virus, ni le nombre de contaminés. On ne sait pas combien on a de masques de protection, ni de tests de dépistage. On ne sait rien.
On doit s’attendre à une « vague », incapable de prédire son amplitude et son échéance, étant à l’aveugle sur le nombre de contaminés réels.
Je ne sais pas (et personne ne le sait) non plus où tout cela nous mènera, comment nous surmonterons cette épreuve collectivement, en tant que peuple, pays, nation…. Humanité ? Comment notre système de pensée capitaliste reprendra peut-être le dessus, au mépris des leçons que nous aurions pu tirer de cette expérience : un système de santé robuste, et bien financé, pour tous, digne des avancées technologiques et scientifiques de notre temps. Un virage face à cette mondialisation débridée, qui piétine l’être humain et son environnement. Le pouvoir de l’argent, à ne pas mettre au-dessus de celui des hommes. Le rôle de l’Etat dans la protection de ses citoyens. La place de la nature dans nos vies.

C’est le moment de re-lire de grandes œuvres d’anticipation utopique: l’An 01, Ecotopia...

Toujours est-il que ce samedi 14 Mars, nous sommes toujours libres d’aller et venir, et il fait beau, la montagne est accueillante. C’est l’occasion d’aller visiter ce beau sommet qu’est le Rissiou, idéalement placé en position centrale entre Belledonne et les Grandes Rousses, avec une belle proéminence, étant enchâssé dans la vallée de l’eau d’Olle sur les deux tiers de son contour.

Nous sommes presque seuls au parking à 7h alors que le versant Sud du Rissiou n’est pas encore allumé.

DSC08866

L’arrivée au soleil est toujours un moment de bonheur, après les premières pentes soutenues.

DSC08871

P1140187

C’est beau.

P1140191

DSC08877

Et la pente se redresse, envoyant direct nos skis sur le sac.

P1140193

DSC08891

P1140194

P1140195

Et c’est le sommet, sur lequel nous restons un long moment. Pas pressés de descendre.

DSC08896

P1140196

Mais la cuisson de la neige au soleil dictant finalement le moment de descendre, nous nous élançons vers 10h30.

DSC08905

DSC08906

P1140221

DSC08918

P1140211

P1140226

P1140238

P1140240

DSC08935

Et c’est parfait jusqu’au parking.

page 1 sur 34 suivante »