Draye des Communaux

Je n’étais pas retourné depuis 2015 dans ce coin, quasiment jour pour jour (et j’avais mis 3h15 pour le même parcours, contre 3h17 aujourd’hui !). La montée est toujours aussi ardue, raide dans les vieilles coupes de bois au départ, puis en sous-bois hors-sentier sur le haut en visant la Draye au jugé, pour finir dans un éboulis géant au pied de la falaise, où la progression se fait plutôt à 4 pattes qu’en courant. J’ai d’ailleurs abouti cette fois un peu trop à droite, m’obligeant à une traversée bien mouvante dans les cailloux.

On arrive alors dans la Draye des Communaux, une immense faille qui barre la falaise supérieure Nord du Vercors, surplombant la vallée de l’Isère. L’ambiance est rendue intimidante par les parois verticales et l’obscurité qui règne ici. Le soleil ne rentre jamais dans la faille, orientée Nord-Ouest.

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Tout en haut de l’éboulis, une barre rocheuse nécessite quelques pas d’escalade un peu boueuse, facilitée par une vieille corde fixe. Il faut avoir le moral et accepter d’y faire porter son poids, bien qu’elle soit en mauvais état.

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Une vire incline ensuite le parcours à main droite, et débouche sur le plateau de Sornin, dans la cuvette qui abrite le mythique Gouffre Berger. Et l’atmosphère change du tout au tout : sur le plateau, les lapiaz sont inondés de soleil et les pins paraissent bien accueillants. Au loin, le relief de Chartreuse donne au Vercors un air de High-Sierra.

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Via Corda du Palais

Un Premier Mai plutôt ensoleillé, dans ce mois pour l'instant bien pourri. Nous avons profité du jour ferié pour parcourir la Via Corda du Palais, au dessus de Gresse en Vercors, en famille. Les points d'ancrage sont parfois un peu hauts quand on n'a que 6 ans, mais on se débrouille!

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Montagne solitaire

Je me suis rendu compte que je n’avais jamais skié dans le Vallon des Etançons. Malgré la météo annoncée moyenne, ce lundi de Pâques en solitaire est une bonne opportunité de combler cette lacune et de profiter des Ecrins. La météo est annoncée tellement compliquée qu’elle aura fait fuir tous les skieurs, et que je me retrouve seul, absolument seul au Chalet de la Bérarde. Béné et son aide-gardien sont un peu dépités, mais de mon côté je savoure cette tranquillité absolue.

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La bibliothèque me permet même de finir le Totem Pole de Paul Pritchard, commencé au refuge d’Avérole quelques jours plus tôt. Un bon bouquin, dans un canapé à la Bérarde, de quoi pourrait-on rêver de mieux?

Départ 6h30, par un long portage de pénitence pascale dans les cailloux jusqu’au replat de Bonnepierre, où je chausse les skis au point 1920.

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Il y a du vent et il a neigé pendant la nuit. Un flux de Sud-Est apporte des particules de sable qui rendent l’air opaque, presque laiteux. La faible couche de neige fraîche déposée est de couleur ocre.

Je croise progressivement les skieurs partis du Chatelleret : les uns vers le Replat, les autres vers la Casse Déserte. Et quelques-uns vers le haut du vallon et la Brêche de la Meije, que je double pour préserver ma solitude. Je veux ce vallon pour moi tout seul.

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Le vent devient furieux sous l’éperon rocheux du Promontoire.

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La dernière pente se fait avec les skis sur le dos, en crampons. En réalité, les skis auraient même pu rester au pied de la pente, car elle ne se skie pas tellement les passages l’ont rendue irrégulière, et elle est encore gelée par le vent.

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A 10h à la Brêche c’est carrément la baston. Mais malgré le vent, je jubile de revenir ici, ce lieu qui me rappelle des souvenirs inoubliables de ma vie montagnarde. Et j’ai tellement envie de revoir le refuge du Promontoire que je suis prêt à rompre ma solitude, y entrer pour rencontrer Sandrine la nouvelle gardienne – un visage connu : elle a gardé Font Turbat pendant 5 ans, où nous étions en Septembre dernier.

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Elle (et son aide-gardienne Lise) est un peu en galère ce matin, à réparer les dégâts causés par le vent pendant la nuit.

Je m’assois sur ce banc en buvant un thé brûlant. Je regarde par la fenêtre, tant de beauté.

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Le soleil se fait finalement plus chaud à travers le voile atmosphérique, je me décide à reprendre la descente. Ce vallon est fait pour le ski, et tout en grandes courbes sur la neige transformée on ne voit pas la distance passer, tellement il y a de choses à regarder en l'air.

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A la Bérarde le soleil brille enfin. Un déjeuner en terrasse, puis retour vers la vallée et ses températures anormalement élevées.

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Les Agneaux

Les plus belles sorties sont souvent les plus improvisées, les moins anticipées. Encore deux jours avant, nous n’étions pas partis pour ce type de sortie. Il faut préciser que la saison des grands sommets commence à peine. C’est habituellement à partir d’Avril que l’on fréquente l’altitude, lorsque la neige finit par coller à la glace et remplir les faces décapées par les vents froids d’hiver.

Changement climatique oblige, il faut s’adapter.

Notre plan consiste à partir du village du Casset (bucolique hameau de vallée au milieu des mélèzes) pour remonter le vallon dit du Petit Tabuc jusqu’au Col d’Arsine, remonter les moraines jusqu’au pied du Couloir Piaget, en face Nord-Ouest, remonter le couloir proprement dit, grimper sur la Calotte des Agneaux, descendre en face Nord pour rejoindre le Couloir Davin, et le skier pour se laisser glisser jusqu’au point de départ. Une sorte de grande traversée du sommet des Agneaux qui fait appel à une bonne partie de la palette des compétences et des pratiques alpines.

Comme d’habitude sur ce genre de journée de montagne, il faut partir désespérément tôt, et la nuit sur place est une bonne option, que nous pratiquons volontiers !

Le terrain s’y prête bien au village du Casset, où nous plantons la tente sous les mélèzes pour une nuit où la température descendra à -2°C au réveil à 4h30.

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On chausse vite les skis dans ces vallons d’altitude modeste, mais qui gardent la neige par leur orientation, leur inclinaison et la protection des arbres.

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Le Lac de la Douche a une allure bien différente que lors de notre passage de l’été dernier. A vrai dire, on passe à skis dessus sans même le voir. Ce que nous voyons bien en revanche, ce sont les cailloux qui défendent l’entrée du Couloir Davin, et le cheminement qui se confirme sur le Glacier du Casset, juste à côté. Nous en prenons bonne note pour plus tard.

Lever de soleil au Col d’Arsine, où nous voyons sortir 4 skieurs de la cabane pastorale. Ils remonteront le début du Piaget avec nous, pour bifurquer sur un autre itinéraire ensuite.

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Il reste du chemin dans ces grands vallons morainiques avant d’atteindre le pied du Couloir.

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La pente se redresse et les skis finissent sur les sacs, remplacés par les crampons. La remontée est d’abord très efficace sur une neige très portante, permettant une progression rapide sans fatigue.

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Mais vers le milieu du couloir, alors que les 4 autres skieurs ont tourné à droite, la neige change parfois de consistance et s’écroule à chaque pas. Il nous faut alors ruser et viser les bandes de neige plus dures pour éviter le brassage.

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Qu’il est long, ce couloir…

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La fin se redresse à nouveau, pour aboutir sur un petit promontoire neigeux, où nous profitons d’une pause réparatrice au soleil après l’ombre de la face Nord.

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La suite se profile, et elle ne paraît guère engageante. Cette arête, d’habitude neigeuse est ici en mixte, et partiellement en rocher par ailleurs bien pourri.

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Nous sommes ici en solo, à deux. C’est très exposé et le terrain est très pourri, fait de cailloux en équilibre, dont certains filent sous nos pieds. « Y’a rien qui tient ! »

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Pas de place pour la fatigue, la concentration prend le dessus pour ne faire aucune erreur, notamment lors des quelques passages techniques en rocher merdique.

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Enfin, après avoir traversé aussi bien que possible les pentes Nord-Ouest, nous débouchons sur le sommet de la Calotte (3634m), puis sur l’arête qui nous mène au sommet l’Agneau Blanc, 3648m. Quel sommet !

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Descente en face Nord dans de la bonne neige, pour entamer une traversée vers l’entrée du Couloir Davin.

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L’entrée est en mauvais état : il faut rechausser les crampons pour descendre prudemment dans les rochers et accéder au fond du couloir, qui a l’air en neige moyenne, vu du dessus.

Dans le même temps, nous apercevons les séracs du Glacier du Casset, tout en nous souvenant du passage repéré ce matin, depuis le bas…

Le changement de plan est rapide, et nous ne le regretterons pas : le cheminement est exceptionnel au milieu du Glacier puis sur sa rive gauche, avec des portions de ski où la glace bleue n’est jamais très loin ! Il semble qu’en plus cette descente ne soit pas possible très longtemps dans la saison. C’était aujourd’hui ou jamais.

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C’est ensuite un immense toboggan vers les mélèzes de la vallée, où nous pourrons skier dans une bonne neige ramollie presque jusqu’au village.

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L’intégralité de la descente est visible depuis la vallée !

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Mazette, quel voyage…!

Les impressions d'Olivier sont ici, avec d'autres photos.

Tour du Pic du Grand Doménon

Plein milieu du mois de Mars, mais déjà un petit air de printemps dans l’air à Freydières, où la route est parsemée de vieilles plaques de neige. Ça ne passe pas encore en voiture, mais ça ne saurait tarder. Mauvaise surprise au parking, mon DVA refuse de démarrer : panne de piles, et je n’en ai pas de rechange. Il a neigé hier, le risque 4 était encore là la veille, et notre plan du jour s’effrite peu à peu. Il va falloir improviser pour assurer la sécurité.

Au-delà de cet aléa d’itinéraire, je m’en veux pour cette erreur: à toujours préparer le sac à la va-vite la veille au soir, je ne prends plus la peine de vérifier la présence du matériel de sécurité (c’est devenu un automatisme) mais surtout son bon fonctionnement. C’est une première faute, et elle aboutit à une situation comme celle d’aujourd’hui. Les éléments obligatoires à vérifier ne sont pas si nombreux, ça devrait être mécanique, comment se fait-il que je ne l’ai pas fait hier soir...?
La deuxième faute est de partir quand même, sans DVA, mais celle-ci est assumée…

Par chance (?), le manteau neigeux a pris la pluie jusque très haut, puis un redoux brutal qui l’a bien stabilisé. Mais on sait bien que ça ne veut rien dire, que tout cela est assez imprévisible. La sortie sera finalement longue et belle quand même, me laissant beaucoup de temps - en dehors des papotages avec Patrick – pour m’interroger sur ce risque, son acceptation, sa gestion, la façon de le minimiser.
Arrivés au Lac du Crozet, la traversée est rassurante.

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Au Col de la Pra, nous voulions monter par l’Ouest de la Grande Lauzière. Pour assurer la sécurité, nous prendrons finalement par les lacs. Le ressaut des Doménons passe sans problème sans risque.

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Enfin arrivés sous le névé de la Grande Pente, définitivement rassurés par la nivologie, nous montons vers le Col du Bâton pour redescendre dans une excellente poudre alourdie par le soleil en versant Sud-Est jusqu’au Lac du Bois.

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S’ensuit une belle remontée, encore une fois sur une neige printanière bien stabilisée et rassurante, jusqu’à la Grande Lauzière.

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Descente face Ouest excellente.

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Un très beau tour, qui laisse malgré tout un drôle de goût… comme si avoir un DVA allumé pouvait supprimer le risque !?



Changement d’ambiance et décontraction le soir même avec le concert du Liberquartet.

#piazzolla

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